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La réforme des ingénieurs
Le 15 septembre 2004, notre Institut a accueilli les premiers étudiants inscrits dans le cycle de « Bachelier en Sciences Industrielles ». En effet, la formation des ingénieurs industriels a subi une profonde transformation dans la foulée du processus de Bologne à la suite d’une longue réflexion menée par l’ensemble des acteurs concernés par cette formation (ADISIF, AGORIA, UFIIB, Conseil Supérieur Technique, Conseil général des Hautes Ecoles). Cette véritable mutation fait entrer définitivement les ingénieurs industriels dans l’Europe de l’enseignement supérieur, en accentuant les plus-values de ces études : durée de 5 ans avec un niveau de Master, polyvalentes, opérationnelles et privilégiant les aspects concrets. Nous trouvions important de lever le voile sur la structure novatrice mise en place car elle n’est pas sans conséquences sur les relations réciproques que notre Institut devra entretenir désormais avec les entreprises.
Le nouveau premier cycle de 3 ans (180 ECTS) appelé « Bachelier en Sciences Industrielles » comporte 735 h de cours par an (60 ECTS). Il est par nature « de transition » car il constitue le passage obligé vers le 2ème cycle. Il comporte une large formation commune en sciences fondamentales (36 ECTS), en sciences appliquées (30 ECTS), techniques de l’ingénieur (29 ECTS), complétée par une formation interdisciplinaire (10 ECTS).
- La première année est totalement polyvalente.
- La deuxième année comporte une pré-orientation de 8,5 ECTS permettant à l’étudiant de choisir parmi un des 5 secteurs industriels (chimie-biochimie ; construction ; électromécanique ; génie électrique ; génie technologique).
- La troisième année est orientée vers un de ces 5 secteurs (26,5 ECTS) et comporte une immersion professionnelle d’une durée de 6 semaines (10 ECTS).
Le deuxième cycle de 2 ans s’effectue dans les 14 finalités actuelles. Il comporte un long stage de 13 semaines d’insertion en entreprise correspondant à une durée d’un quadrimestre (30 ECTS). Au terme des 5 ans, l’impétrant obtient le grade de « Master en Sciences de l’Ingénieur Industriel » et est autorisé à porter le titre d’Ingénieur Industriel.
Cette réforme devenue nécessaire apporte une valeur ajoutée indéniable à la formation de l’ingénieur industriel. Nous relevons par exemple les éléments suivants:
- La promotion de la réussite
L’allongement des études permet une meilleure répartition de la charge de travail des étudiants, sans pour autant diminuer les exigences d’appropriation des matières. Ainsi, la réduction du nombre d’heures (de 840 à 735h par an) libère du temps disponible pour organiser des activités d’accompagnement et de remédiation. Enfin, la grille minimale comporte maintenant un cours de méthodologie scientifique en 1ère année.
- Le renforcement des matières non techniques et du caractère opérationnel
L’ingénieur industriel étant de plus en plus appelé à devenir aussi un manager, ouvert aux problèmes complexes du monde du travail, la grille minimale comporte 20% de cours dans les matières entrepreneuriales, de communication et langues, de gestion socio-économique des entreprises, de formation en management et qualité. Un minimum de 40% de travaux pratiques (exercices, laboratoires, projets, bureaux d’études) est imposé dans la grille minimale.
- L’apparition de sciences fondamentales et appliquées au second cycle
La nouvelle grille prévoit un meilleur équilibre entre les cours plus techniques et les cours dits « fondamentaux ». C’est ainsi par exemple que des cours de mathématiques appliquées apparaissent dans le second cycle.
- Le renforcement de la collaboration entre Instituts
Les 11 Instituts organisant les formations d’ingénieur industriel ont signé un accord de collaboration où ils s’engagent à développer dans l’avenir des synergies, que ce soit sous forme de co-certifications ou de mise en commun de matériel et de ressources, tout en veillant à permettre à chacun de se développer dans un esprit non concurrentiel. Cet accord prévoit aussi des grilles spécifiques allant plus loin que les grilles minimales.
- La mobilité des étudiants
Le pourcentage très élevé d’organisation commune permet aux étudiants de changer d’institut sans grandes difficultés. D’autre part, les stages d’une durée significative et dans le cursus permettront aux étudiants de s’inscrire dans les programmes européens de mobilité tels que ERASMUS, LEONARDO, etc… avec beaucoup plus de souplesse.
- L’insertion professionnelle significative
Pour un ingénieur industriel réputé « de terrain », il semblait de plus en plus paradoxal que le stage soit réduit à quelques semaines pendant les vacances ! Ainsi, il est maintenant prévu 6 semaines en 3ème année et 13 semaines au moins en dernière année.
Dans cette structure, les Instituts disposent toujours bien sûr d’une liberté d’organisation. Aussi, nous proposons d’évoquer dans deux prochains articles d’une part les priorités que l’ISICHt a choisi de mettre en œuvre dès maintenant et d’autre part la problématique de l’organisation des stages en entreprise, avec l’ensemble des questions que cela suscite.
J. Neirynck & P. Lebailly
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